Le congrès de la CGT: »Arrêter les grands discours et de revenir dans le syndicalisme à hauteur d’homme »

©PHOTOPQR/L’INDEPENDANT ; Manifestation intersyndicale d ela fonction publique le Jeudi 9 mai 2019 ‡ Perpignan
PHOTO : Nicolas Parent (MaxPPP TagID: maxnewsworldfour820908.jpg) [Photo via MaxPPP]
Alors que se déroule jusqu’à ce vendredi le 17 mai son 52e congrès, de la CGT s’interroge sur sa perte d’influence. De nombreux dirigeants, les locaux appellent à un sursaut, espérant voir la centrale de Philippe Martinez réinvestir »le terrain », en utilisant par exemple les méthodes de gilets jaunes.

rouge CGT a perdu de sa splendeur. Deux fois par la CFDT dans le secteur privé, est tombé dans le public, le syndicat des racines révolutionnaires a rétrogradé en deuxième position des centrales qui sont les plus représentatives, de tous les secteurs d’activité. Ces dernières semaines, le mouvement des gilets jaunes et lui a donné un sacré coup de vieux, en rassemblant un public très large et recevant des subventions du gouvernement dont le coût est estimé à 17 milliards d’euros. Ainsi, au cours de la 52e congrès qui se déroule cette semaine à Dijon (Côte-d’or), jusqu’au vendredi 17 mai, les voix s’élèvent à l’intérieur pour demander la marée. Salut, quelqu’un qui ne passera, pas, à leur avis, que par un retour »à la base »: « sur le »Terrain, proximité, dialogue ». Des fondamentaux »oubliés », estiment de nombreux militants interrogés par Marianne, mais rappellent les récents mouvements sociaux spontanés, des gilets jaunes pour les stylos rouges.

« Réagir collectivement »

À l’ouverture du congrès, le lundi 13 mai, le secrétaire général a essayé une analyse critique de la CGT. Considérant tout d’abord, »le »normal et logique que des discussions, des questions ou des doutes existent » parmi les membres du syndicat, Philippe Martinez a déclaré que » l’organisation »en conformité avec les défis de son temps » et que »ne doit pas se fermer sur lui-même ». »Il est plus que temps, ou même urgent, de réagir collectivement »,-a déclaré qu’il a accepté, en conformité avec les discours de ses militants. »Il ya une nécessité de se moderniser, de se réinventer, estime Valérie Pringuez, déléguée syndicale chez Pimkie. Si nous avons tout le temps le même discours, si nous défilons à dates fixes, que nos méthodes ne sont à jour, non, nous allons en fin de compte à la traîne de chaque mouvement social ».

la crise qui n’a cependant rien à voir avec le nombre de membres du syndicat. Parce qu’avec 653.000 adhérents, la CGT avant la CFDT de 29.000 cartes. »Dans l’entreprise comme dans le public, nous continuons à exister, souligne Malika Belarbi, chef de la direction de la santé et de l’action sociale. Pas partout bien sûr. Seulement là où nous faisons l’effort d’être omniprésents sur le terrain, un effort de plus en plus rares. Quand nous nous approchons des employés, que nous répondons à leurs questions, la recette de la CGT travaille. Mais pour cela, encore faut-il arrêter les grands discours politiques nationales de revenir dans le syndicalisme à hauteur d’homme ».

Désactivé, la CGT? Le refrain revient régulièrement de ses dirigeants. Qui ne considèrent pas un syndicat unique responsable. »La société d’aujourd’hui individualise, permet de diviser, balkanise cet homme. Par exemple, les employés d’une même société ne travaillent plus toujours les mêmes intérêts. C’est une situation que nous traversons, développe Stéphane fustec mardi, le vice-secrétaire général de l’union des syndicats CGT commerce. Et je parle même pas de l’uberisation certains secteurs. En bref, le modèle classique de l’entreprise est terminée. Nous devons trouver notre place sachant tout cela ».

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une tâche difficile pour cette »machine monolithique », c’est »grand-mère », mais peut, selon le syndicaliste, trouver une réponse grâce aux enseignements tirés du mouvement des gilets jaunes »Comme eux nous devons avoir une démarche plus offensive. Nous ne devons pas nous attendre à la bourse du travail que les gens viennent à nous parce qu’ils ont des problèmes. Il faut aller à leur rencontre, de montrer que nous sommes avec eux à chaque instant. La création de liens entre toutes les catégories: ruraux, urbains, les, salariés, les, chômeurs, les, retraités, les, étudiants et même les entrepreneurs exploités ».

intentions il est difficile de convertir en actions. Tout d’abord, parce que c’est difficile, pour la CGT, le travail de sa »unions locales », sortes de lignes de terrain. La faute à la baisse des subventions aux autorités locales. « Nous il y a plusieurs années plus de 900 syndicats locaux en France sont ouverts toute la journée. Nous avons été dans le réseau de l’organisation dense. C’est ce qui fait notre force », se souvient, nostalgique, Stéphane fustec mardi. Aujourd’hui, si ils sont encore la de 800, « ils portent des retraités bénévoles qui ont une vision du syndicalisme datés. Allez leur expliquer que la livraison à vélo sous le statut d’auto-entrepreneur-les nouveaux prolos… ».

« les réseaux sociaux peuvent nous permettre de créer une solidarité nouvelle entre les travailleurs »

solution »est »encore trop peu exploité » il » existe selon eux: le numérique. « Il est important, c’est le terrain, cela doit rester notre priorité, a déclaré la militante de l’Aisne présente au congrès. Mais les réseaux sociaux, comme l’ont montré les gilets jaunes, peuvent nous permettre de créer une nouvelle solidarité entre les travailleurs. C’est une extension du monde réel, nous devons nous en servir comme tel ».

expérience vérifiée récemment Stéphane fustec mardi pour les salariés de particuliers. Un moyen d’action qu’il espère devenir, malgré les réticences, le nouveau pilier de son syndicat: « l’employé(e)s comme les femmes de ménage et les assistantes maternelles de plus d’un million mais entièrement isolé(e)s. par conséquent, Nous avons lancé le numérique pour créer une communauté qui, en fait, n’existe pas. Avec l’aide de cet outil, ils peuvent apprendre les termes de leur contrat et leurs droits sont calculés, ou de les échanger dans ce cas… -Voici les choses que vous voulez ouvrir. Ce n’est pas la panacée mais c’est peut-être un moyen de renforcer notre présence dans toutes les couches de la société ».

Cela peut sembler évident ne fait cependant pas l’unanimité. En effet, Valérie Pringuez, le syndicat de Pimkie pas vraiment convaincue par l’idée de la communauté modèles numériques de gilets jaunes. Selon elle, la CGT doit d’abord redéfinir et de clarifier le rôle de ses représentants, n’est, pas toujours très clair. « Nous devons déterminer ce que nous voulons être: experts, de négociations d’accords, de l’intérieur ou de militants dans un discours structuré? lI a une très grande pauvreté dans le discours de certains de nos militants qui, sont, sortis dans les discussions techniques sur l’accord de stimulation ou de la participation, ne savent même pas répondre à des questions simples sur la vie quotidienne du travailleur. De l’utilité de la sécurité sociale, par exemple… donc la nécessité de les former pour qu’ils soient capables d’aller discuter avec les employés et même de les assister. C’est, notre rôle. Ainsi, nous pourrons éveiller leur conscience et peut-être de convaincre la base de l’utilité. Les gilets jaunes ont compris ». Encore eux.

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